Archive pour la catégorie 'NOUVELLES'

Marianne…

 Marianne est née d’un jeu de mots où je devais créer un texte court en utilisant dix mots imposés (dont mélopée, didascalie… mots que j’ai appris pour cette occasion).

On pouvait entendre par la fenêtre ouverte, la triste et lente mélopée de Marianne toute emprise de ce chagrin qui ne semblait plus vouloir la quitter.

 Et pourtant, sur ce chemin de campagne, bien loin de la pollution des villes, flottait ce parfum de renouveau annonciateur du printemps bien aimé.

Marianne n’avait que faire de ces essences subtiles qui ne faisaient que raviver la violence de son désespoir ! Il y avait une fêlure là où sa main se posait dans une attitude dramatique ! Et elle contemplait son image ravagée par la douleur dans ce miroir qui lui faisait face.

 Marianne était le symbole même d’un drame universel ! Ce don de soi que l’Amour engendre, vous vidant de tout désir de vie lorsqu’il n’est plus partagé.

Il lui suffirait de tendre la main vers cette jolie commode, atteindre ce petit flacon d’herbes pour mettre fin à sa souffrance. Mais ce serait sans compter sur les sentiments de son ami Gabriel qui connaissant parfaitement Marianne entrerait silencieusement dans cette chambre sinistre, parcourrait la courte distance entre elle et lui, passerait ses mains autour de la taille si menue de la jeune femme lui murmurant :

- Inutile ma douce, je connais votre intention et je m’y opposerai aussi longtemps que je vivrai…

Ainsi, Antoine termine l’écriture de l’acte 3 de sa pièce, assez content de cette dernière didascalie mettant fin à la scène.

Publié dans:NOUVELLES |on 10 février, 2010 |Pas de commentaires »

Le doute

 

Alors que le plaisir et la joie de vivre se laissent doucement glisser vers le bonheur, le doute, insidieux et malsain, s’installe. Il prend ses aises comme à son habitude et ne tarde pas à oeuvrer pour sa grande cause.

le plaisir : Attends un instant

le bonheur : la porte est ouverte, si tu ne viens pas maintenant tu passeras encore à mes côtés sans me connaître.

le plaisir : je viens. J’ai juste besoin d’un moment de réflexion.

la réflexion : je suis toute à toi !

le bonheur : Oh toi tu n’es pas seule

le doute : j’accompagne toujours la réflexion. Dois-je te le rappeler ?

le bonheur : je me disais bien aussi. ça ne pouvait être que toi vaurien !

le doute : On se calme Monsieur eau de rose ! On oublie mon importance ! On veut faire le grand ! Mais c’est compter sans mon pouvoir !

le bonheur : t’oublier ? Quel doux rêve…

le rêve : Demandez et vous serez servi !

le joie de vivre : Alors fais vite ! débarrasse nous de ce nuage noir ! Je n’ai pas de temps à perdre. Le plaisir et moi-même avons un doux projet.

le plaisir : c’est que je ne sais plus trop, j’ai des d….

le temps : Tais toi malheureux tu vas nous perdre ! Allez prend un peu de moi et profite. Regarde cette porte, c’est facile, elle est ouverte. Tu n’as qu’un pas à faire, la joie de vivre est avec toi, tu ne crains rien.

le doute : tu ne crains rien en effet. Juste te tromper de porte et heurter un mur qui ne fera de toi qu’une bouchée !

la joie de vivre : je ne me sens pas très bien, je crois que je vais dormir un peu

le plaisir : je m’éteins.

le bonheur : bon et bien tant pis, je referme ma porte.

Publié dans:NOUVELLES |on 13 décembre, 2009 |2 Commentaires »

Le Hautbois

Simone et René sont confortablement installés dans l’Auditorium. Le concert va bientôt commencer… La salle est pleine, la soirée prometteuse.

Simone a du mal à tenir en place. Elle ajuste puis retire ses lunettes. Regarde les derniers spectateurs entrer, en choisit un au hasard et le suit des yeux jusqu’à ce qu’il soit assis. Puis elle reprend son jeu avec ses lunettes, regarde René en coin, se penche vers lui et déclare :

- Elle a grossi Madeleine. Ouh la la elle est comme ça, Poufffffffffffff. Et Simone gonfle ses joues en regardant son époux.

René qui était concentré sur la lecture du programme, lève un regard distrait sur sa femme.

- Ah oui dis donc. Puis il reprend sa lecture ; impassible.

Mais Simone a envie de parler, alors elle continue :

- Elle est toute bouffie, on croirait qu’elle est sous cortisone !

René, cette fois ne lève pas les yeux et murmure :

- la boisson, ça ne l’arrange pas non plus.

- Tu l’as dit ! Et qu’est-ce qu’elle boit la pauvre Madeleine. C’est pas bon et puis c’est mauvais pour les artères.

Les lumières s’éteignent doucement. René lève la tête et se redresse dans son fauteuil en position d’écoute attentive. Simone elle, semble contrariée d’être ainsi interrompue, puis son regard se fixe sur la scène. Les musiciens entrent silencieux sous les applaudissement respectueux des spectateurs.

Ils accordent leurs instruments et bientôt le chef d’orchestre fait son entrée à son tour sous l’accueil chaleureux du public.

Le silence est total, presque palpable dans l’attente des premières notes qui bientôt transporteront cette salle dans leur voyage musical.

Simone toussote, sous le regard désapprobateur de son voisin de droite. René lui, semble totalement captivé par cette ouverture de Bach et son attitude totalement fermée au monde qui l’entoure semble calmer quelque peu notre Simone qui se cale dans son fauteuil dans une position apparemment résignée.

S’il n’y avait qu’elle, Simone ne serait pas sortie ce soir. Elle ne partage pas l’intérêt de son mari pour la musique classique mais rester seule à la maison est au dessus de ses forces. Alors elle accompagne René et chaque fois, tente vainement de s’intéresser. Car c’est qu’elle l’aime son petit mari et ne veut pas le décevoir. Après quarante cinq ans de mariage Simone nourrit toujours un amour sans faille pour l’homme qui partage sa vie.

Alors elle fait de grands efforts notre Simone et parfois même, parvient à ressentir la musique en elle.

Souvent, elle contemple discrètement le visage de René cherchant à percer ce secret qui rend son visage si épanoui, un peu jalouse aussi de ce plaisir intense qui lui est étranger. Quand elle l’observe ainsi, elle tente à son tour de se donner aux accords puissants des instruments, dans une attente aussi avide que vaine.

A cet instant Simone ne bouge plus un pouce. Immobile elle écoute. Mais comme elle ne parvient pas à faire le vide dans sa tête, elle se récite quelques règles. « je ne dois pas applaudir entre les mouvements ». « je ne dois pas parler non plus »…

Les dernières notes de cette magnifique ouverture viennent à peine de mourir que les applaudissements fusent. Simone se détend. Elle peut enfin bouger un peu.

- Elle joue bien la dame là mais elle fait un drôle de son sa flûte !

Le retour du silence ayant été plus rapide que la voix assez forte de Simone, personne n’a pu échapper à ces derniers propos. Quelques personnes assises sur la rangée juste devant se retournent les yeux fusillant notre pauvre coupable qui, ne se rendant pas compte du malaise, poursuit :

- Hein René tu ne trouves pas ?

René, après un regard d’excuse aux spectateurs furieux, pose doucement sa main sur celle de son épouse dans un geste presque paternel. Conciliant, Il glisse à son oreille :

- C’est un hautbois chérie.

Publié dans:NOUVELLES |on 12 septembre, 2009 |Pas de commentaires »

La prise de tête

prisedette.bmpLa sagesse se balade sur son chemin bien tracé lorsqu’elle sent comme un souffle dans son cou :

La sagesse : Qu’est-ce que vous avez à me souffler dans le cou ?

La sensualité : Je passais par là, je me suis dis que ça pourrait vous faire plaisir.

La sagesse : Le plaisir est une tentation que j’évite merci.

La tentation : quelqu’un m’appelle ?

La sagesse : Oh vous ça va bien retournez d’où vous venez !

La tentation : Ah je regrette Madame mais c’est vous même qui m’avez citée !

La sensualité : Oui c’est vrai, d’ailleurs moi je ne faisais que passer si ça dérange je m’en vais. Avec moi pas de prise de tête.

La prise de tête : Ah mais c’est que justement ça ne se passe pas comme ça c’est trop facile mesdames. Ma chère petite sensualité tu t’es glissée dans le cou de Madame Sagesse ce qui forcément appelle à la tentation d’où l’intervention de celle-ci et par là même…

 La sagesse : Taisez-vous d’abord personne ne vous écoute ici et qui vous permet de nous tutoyer ?

 La prise de tête : c’est que je vis dans votre conscience, je vous connais par cœur, je vous suis pas à pas depuis votre naissance. Je vous rappelle au passage que grâce à moi vous avez souvent évité bien des déboires, souvenez vous quand…

la sagesse – la sensualité – la tentation : STOP !

La sensualité : Bon alors et moi qu’est-ce que je fais ? Je reste ou je pars souffler ailleurs ?

La tentation : Tu restes bien sûr, tu viens à peine d’arriver prends le temps de t’installer, tu connais ton boulot quand même. Je t’attends je ne bouge pas.

La sagesse : Ben oui c’est ça faites comme si je n’étais pas là. J’ai peut-être mon mot à dire !

La prise de tête : Je ne pense pas désolée. Il ne fallait pas laisser le souffle atteindre votre cou. Admettez que vous êtes curieuse de savoir ce que pourrait vous apporter cette douce sensualité.

La sagesse : Admettons en effet et après ?

 La tentation : Et bien comme je suis un être très serviable, je pourrais intervenir en me glissant à mon tour dans votre inconscient et vous aider à prendre certaine décision. Pour votre plaisir bien sûr.

 La sagesse : Vous savez ce que j’en fait du plaisir…

La prise de tête : Et bien vous qui êtes si sage, permettez-moi (notez bien que je vous vouvoie à présent) de vous faire remarquer que le plaisir est peut-être justement ancré quelque part dans votre inconscient et que…

 La révélation : Et que tu te tais parce que c’est mon tour. En résumé ma chère sagesse tu peux rimer avec plaisir sans risquer de te perdre.

La sagesse : impossible, d’ailleurs plaisir ne rime pas avec sagesse, souffrir oui.

La tentation : Et allégresse quand faites vous ?

La révélation : Très juste Tentation. Allégresse rime avec sagesse vous ne pouvez en dénier.

La sagesse : Bon admettons. Et mon chemin, tout tracé devant moi si je dois dévier pour rencontrer cette allégresse, je me perds non ?

La prise de tête : Cette dernière remarque mérite une attention particulière, je crains que tu ne puisses en effet t’écarter de ta ligne puisque sagesse tu es. Mais si on considère que ton inconscient cultive depuis un certain temps, voire même depuis toujours, cette recherche du plaisir et que ce plaisir ne peut se cueillir qu’en empruntant cette déviation…

La sensualité : Déviation que je me propose de te faire découvrir

La prise de tête : Je peux savoir pourquoi on me coupe toujours la parole ?

La sagesse – la sensualité – la tentation – la révélation : Parce que tu nous prends la tête !

Publié dans:NOUVELLES |on 22 février, 2009 |Pas de commentaires »

Manon

 

 

Pourquoi certaines personnes ne peuvent s’empêcher de prendre une voix stupide lorsqu’elles s’adressent à leur progéniture ?- Viens on va faire une « tite » photo Manon. Tu fais un « ti « sourire à maman Manon ?« Coça » hein ? Ma tite chérie. Tu fais un beau « ti » sourire ? Et pourquoi chaque fois, ça me donne des envies pas très sympathiques ?

Manon est à la plage avec maman et mamie nounouille. Les premiers rayons de mai les ont décidées à sortir la petite un peu plus loin que le jardin familial. Ceci dit Manon porte un chaud manteau et des bottes de caoutchouc. Le ciel est bleu, le soleil généreux.D’abord il faut s’installer. Pas si simple apparemment :

- Anne-Sophie, on se met là ? C’est bien là non ? Anne-Sophie plisse sa jolie bouche d’enfant gâtée, habituée à ce que le monde autour d’elle, tourne toujours suivant sa volonté. Elle semble hésitante. Elle scrute l’horizon vers la mer, puis à droite, à gauche. Que va-t-elle décider ?

- Oui c’est bien là. Et mamie nounouille semble rassurée. Elle avait envie de se placer ici sur le sable contre le mur. On est bien contre un muret à l’abris du vent. Mais si sa fille chérie avait émis le moindre souhait de se placer au bord de l’eau, mamie nounouille aurait gardé son désir pour elle et satisfait Anne-Sophie sans rechigner. Elle a toujours été comme ça, mamie nounouille, depuis le jour où elle a tenu dans ses bras le petit corps de sa fillette chérie, toute sa belle volonté de femme a fondu comme neige au soleil. Anne-Sophie a grandi gavée de cet amour exclusif, surprotégée n’ayant même pas le temps de nourrir un désir qu’il lui tombait dessus comme ça tout bien emballé dans son papier de soie.

- Maman, tu crois que je peux lui retirer son manteau ? Il doit bien faire 25°mais elles sont plantées là, mamie nounouille et sa nunuche de fille, indécises, à regarder cette adorable poupée, engoncée dans son manteau d’hiver qu’éclairent deux yeux pétillants de malice.Comme elle doit les faire danser, Manon, ces deux artistes !- Retire lui son manteau et on va lui mettre son gilet. Anne-Sophie s’exécute. - J’ai peur qu’elle ait un peu froid, il y a du vent par moment.- Et bien on va lui mettre l’écharpe non ?

Le temps qu’elles se décident à adopter la bonne décision, il se pourrait bien que le soleil cède la place à son amie la lune…

En tout cas, Manon, libérée de son manteau, lève son joli visage de poupon vers le ciel. La brise légère et délicieusement imprégnée d’iode, joue avec ses bouclettes brunes. Manon reste un instant ainsi, immobile, puis redresse la tête. Un sourire coquin se dessine sur son visage, ses yeux brillent d’un nouvel éclat. Soudain elle se met à courir, un peu gênée par ses bottes elle fait de grands pas, ses jambes faisant des écarts disgracieux.

Mamie nounouille s’est levée d’un bon, suivie de près par fifille.

- Attention, Anne-Sophie ! Elle se dirige vers l’océan !

Mais Anne-Sophie est sous le charme de ce tableau touchant.

- Mais non, maman, regarde elle va s’arrêter. Tiens je vais la prendre en photo.

Notre jeune maman rejoint sa fillette au bord de l’eau. Un peu de repos pour mamie nounouille qui s’adosse contre son muret béni et ferme les yeux.

- Ah non tu n’es pas gentille Manon !

Ouvre les yeux mamie, fin de l’entracte !

- Qu’est-ce qu’elle a fait ?

- Elle ne veut pas que je la prenne en photo ! Anne-Sophie a plissé sa bouche à nouveau dans cette expression qui lui laissera deux vilains plis au coin des lèvres lorsque Manon aura atteint l’âge où les portes claquent. Mamie a ouvert les yeux . Un léger soupir s’échappe de ses lèvres.

- Allons Manon tu es si jolie, laisse maman faire la photo.

Notre Manon esquisse un délicieux sourire de miel, l’étincelle de malice toujours aussi pétillante au fond de son regard, elle prend la pose. Belle image d’une adorable poupée à la remarquable sagesse… Image…

Anne-Sophie profite de cet instant de complaisance juvénile et mitraille sa fillette. Toute heureuse elle reprend sa voix de nunuche

- Vi coça ma chérie, fais encore un bô ti sourire à maman.

Manon écarquille deux grands yeux qui semblent lancer comme un message d’incrédulité. Son regard se tourne vers sa mamie , puis, se plonge dans celui de sa maman.

La petite fille paraît perplexe.

- Oh comme tu es « zolie » « coça » Manon, maman va faire une belle photo !

Manon fait un petit pas en avant, le regard toujours fixé sur sa mère, puis un deuxième pas… On pourrait presque se demander si la petite fille, inquiète de ce langage étrange, ressent le besoin de s’assurer que la personne qui lui fait face, avec cette petite boîte magique à la main, est bien sa mère…

- Ben non ma « tite » chérie tu es trop près, maman peut pas faire la photo, recule un peu.

Mais Manon, continue son avancée, une main tendue en avant comme pour toucher sa mère.

Mamie intervient alors :

- Tu as été trop longue, c’est fichu Anne-Sophie, c’est dommage ça aurait fait une belle photo.

Publié dans:NOUVELLES |on 19 février, 2009 |Pas de commentaires »

Secrétaire médicale

- Placez-vous derrière la ligne Monsieur !

La secrétaire médicale n’a pas l’air de bon poil. Le son de sa voix criarde attire mon attention. Belle plante blonde, un peu trop maquillée, la blouse blanche ouverte sur un généreux décolleté… Elle jette un regard sévère sur le pauvre Monsieur déjà rouge des regards qui se sont portés sur lui. Elle reprend d’une voix si forte qu’il se pourrait bien qu’à l’autre bout de la clinique personne n’échappe aux propos :

- Je vous ai dit derrière la ligne Monsieur ! C’est une question de discrétion vous comprenez ? Du respect de la confidentialité !

Notre monsieur passé au bordeaux, recule encore des deux petits pas qui lui manquaient pour être bien derrière la ligne. Je suis assise et j’attends, je n’ai pas eu à patienter derrière la ligne vu que j’étais la première. A présent la file s’allonge. En attendant d’entendre l’appel de mon nom et pour calmer mon anxiété, j’observe discrètement cette jeune secrétaire qui me donne envie de prendre un carnet et un stylo. Zut j’ouvre mon sac rien ! Dommage car elle m’inspire. Et bientôt je ne suis pas déçue car elle me donne une bonne nourriture gratuite !! C’est au tour du monsieur. Un silence de salle d’attente s’est installé, tout juste quelques toussotements, quelques soupirs par ci par là. Puis le coup de grâce de Miss Blonde :- Vous avez apporté vos urines Monsieur ?

Et vlan tous les yeux qui se tournent en même temps. Je me pince les lèvres, je suis partagée entre le fou rire et la gène pour ce pauvre homme qui fait des efforts à grands murmures pour qu’on ne l’entende pas et Miss blondasse qui du coup parle de plus en plus fort !!

- Votre date de naissance ?

Si j’osais, j’irais gentiment la voir et lui demanderais « s’il vous plaît madame, vous pouvez parler plus bas, c’est que voyez-vous derrière la ligne le son passe bien et même de nos chaises là, voyez ça passe aussi. Je vous demande ça juste pour le bon respect de la confidentialité de chacun.

Mais bien sûr je n’en ferai rien, pas assez courageuse. Je commence à la trouver si méchante et ridicule que je regrette une fois encore de ne pas avoir de quoi écrire histoire de me soulager.

Notre homme vient nous rejoindre, nous marmonne un bonjour, et s’assoit. Je me demande ce qu’il pense en ce moment précis. Je me demande si le voilà dégoûté des blondes à jamais. Ou bien des secrétaires médicales voir pire des femmes !!!!

Mais bientôt mes pensées sont stoppées par un nouveau numéro de notre artiste :

- La date de vos dernières règles ?

- le ….

- Pardon ?

- euh…le

- Allez vous asseoir on va vous appeler madame.

La Star se lève fait le tour de son bureau et là de toute sa grâce féline, traverse la salle d’attente, la blouse ouverte laissant entrevoir deux interminables jambes nues, impeccablement épilées, Chaussées d’une paire de claquettes à hauts talons.

Je n’ai pas l’âme bien méchante, enfin je crois, mais quand même je me dis allez, juste un petit tortillement du pied, sans gravité, juste pour nous faire un petit plaisir à nous autres, les distributeurs d’urines.

Je commence à m’angoisser. Je suis ici pour une mammographie. Je n’ai pas apporté la dernière car elle a servi à dépanner ma voisine… Hein ? Ben oui j’explique :

Un matin, ma voisine sonne à notre appartement. Elle est visiblement très affolée. Rien de bien méchant mais bon elle est à la porte, son « futur ex-petit ami » est parti au boulot avec les clefs. De son côté elle rentre du sien de boulot (elle travaille dans un aéroport) et était partie sans les siennes (de clefs !).

Je lui fais un petit café et tente de l‘apaiser. Nous allons bien trouver une solution. En plus mon petit mari n’est pas là, lui qui trouve toujours des solutions miracles. Mon « Mac Gyver ». Pour ma part je ne suis pas du tout douée pour la bricole et du coup je m’applique dans la tâche qui me correspond le mieux, c’est- à- dire le réconfort, un peu d’humour, dédramatisons allez petite voisine. Du coup elle se détend un peu et me glisse quelques confidences. J’ai vraiment raté ma vocation. Combien de fois me l’aura t-on dit ? Ça me fait sourire mais c’est peut-être vrai.

A un moment je me sens plus concernée par cette rupture prochaine qu’elle m’annonce que par le but initial de sa visite !

Ah oui trouver une solution pour ouvrir cette satanée porte ! Allez on téléphone à Mac Gyver. Il ne va pas tarder à revenir et tu vas voir voisine tout va s’arranger et puis une idée me vient, un truc que j’ai entendu un jour. Il paraît qu’avec une radiographie on peut ouvrir une porte ! Euh oui enfin je ne sais pas pour autant comment s’y prendre mais comme je vois une étincelle d’espoir dans le regard de ma triste visiteuse du samedi matin, (jour de ménage qui me donne en principe une humeur massacrante), visiteuse qui du coup bouleverse ma vie mécanique et que j’ai presque envie de remercier. Je me retiens car je ne suis pas sûre qu’elle apprécierait…

En attendant le retour du sauveur, je me mets à la recherche d’une radio. Pas difficile car j’en ai tout un rayonnage !! J’en prends une au hasard (mauvaise pioche mais ça je ne pouvais pas le savoir à cet instant)…

- Mme Durand ! Vous pouvez approcher s’il vous plaît ?

Non ça ne me plaît pas et oui je vais approcher si près de ton petit visage trop fardé que je vais hop comme ça te fourrer un bon « bourre pif ».

Je m’approche docile du bureau et attends la sentence que je sens venir.

- Vous avez votre dernière mamo ?

- Non je ne la retrouve pas.

A ce moment je crois qu’elle jubile ! Ah une proie vite saisissons notre chance :

- Et comment voulez-vous que le médecin fasse des comparatifs ? Ce n’est pas sérieux Madame Durand ah non vraiment !

Et elle balance sa belle crinière de lionne blonde, d’un air agacé. Ah vraiment mais quelle stupidité tout de même. Puis sa vilaine bouche se pince :

- Bon ben tant pis le médecin devra se débrouiller sans.

Un petit silence s’installe pendant lequel je m’imagine en train de lui sortir la radio salvatrice de la porte de ma voisine.

- Tenez Madame je l’ai retrouvée !!

Et je lui tends l’objet de sa demande, toute gondolée, rayée, inutilisable.

Je réprime une sérieuse envie de rire. Du coup j’en oublie ma trouille des examens. Merci Madame Barbie.

Publié dans:NOUVELLES |on 18 février, 2009 |Pas de commentaires »

livres d'occasion bouquinsd... |
Stephan LEWIS - fantastique |
silentenigma |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Entre deux nuages
| Lectures d'haabir
| Dans le Jardin des mots